L’ASBL Skateboarders

L’asbl SKATEBOARDERS réunit des skateurs de Bruxelles et œuvre afin de promouvoir l’intérêt du skate dans la capitale.

  • Notre équipe de skateurs-animateurs propose des initiations gratuites pour les jeunes pendant 6 mois de l’année sur le square des Ursulines et occasionnellement dans d’autres lieux de la Région de Bruxelles-Capitale. Pour cela, nous bénéficions du soutien de l’IBGE et de la COCOF. Nous projetons dans un futur proche organiser des stages d’été afin d’emmener les jeunes à la découverte des divers lieux de skate en Belgique.

    Le challenge actuel de notre association est de créer un skatepark indoor sur Bruxelles. Nous souhaitons que la capitale européenne se dote de structures permanentes couvertes afin de permettre une pratique régulière et une initiation continue du skate ainsi qu’une progression technique de certains pour se mettre au niveau européen et mondial. Avec le même enthousiasme, nous soutenons toutes les collaborations avec les instances communales et régionales qui développent, dans les espaces publiques, des structures ouvertes de qualité.

  • Pour progresser, le skate peut demander énormément de rigueur et d’obstination. Le skate fait appel à tout le corps, mobilise les sens. Il faut apprendre à contrôler sa vitesse devant un obstacle ou une courbe, savoir si on part à droite, si on va lever ses jambes au-dessus de ses épaules, etc. C’est donc beaucoup d’anticipation, c’est aussi beaucoup d’essais non réussis.
    Sur le skate park que je fréquente tous les jours, il y a finalement un nombre incroyable de nationalités et de niveaux sociaux très différents ; des enfants du quartier jusqu’à ceux qui ont leurs parents à la Commission Européenne. Tous ces adolescents s’entendent parfaitement, se comprennent, s’entraident, se motivent et c’est très impressionnant. Le skate est une pratique qui va à la rencontre des personnes dans la rue.
    Pour moi, la place des Ursulines, ce n’est pas un skate park, c’est une place publique qui inclut la possibilité de faire du skate, du patin, mais ça reste une place publique.
    Grâce aux initiations données par notre association, les parents viennent. Ils voient comment on travaille et ils adoptent déjà une autre vision du skateur. Ils voient que ce n’est pas que des jeunes sauvages qui foncent sur tout ce qui bouge.
    La pratique du skate induit un rapport différent avec son environnement. Cette attention accrue aiguise le regard, envisage la réalité avec d’autres filtres. Le skateur pose sur la ville un regard que n’a pas le commun des mortels : il voit exactement tout ce qui peut être pratiqué.

    Tantôt valorisée, tantôt discrète, la pratique du skate a traversé les années. Plus qu’une pratique, le skate se veut un mode de vie. Il influence les relations sociales, la mode, les pratiques économiques, etc.

    On peut le définir comme un art, on peut le définir comme un sport : le débat est et restera ouvert. Certains aiment bien débattre sur cette question –comme on la pose entre art et artisanat. Le skate est jugé non seulement sur la technique et la performance, mais également sur la créativité et le style de chacun. Ce qui est certain, c’est que le skate reste une pratique attachée à un esprit de liberté et d’indépendance qui gardera toujours un formidable potentiel innovant.

    Le skate offre aux jeunes une structure, des projets, une passion qui peuvent les aider à éviter les dérives propres à l’adolescence. Le skate a de grande vertus : comme tout sport il développe la confiance en soi, l’endurance, la persévérance, … Cela se fait dans le cadre d’un vivre ensemble urbain très particulier et propre au skate: on est loin des salles de sport, des entraînements et des entraîneurs. Le skate est une pratique qui a quelque chose de fondamentalement libre. Il s’apprend dans la solidarité, l’interculturalité, la fraternité, … Sa pratique engendre des relations de tolérance, développe l’apprentissage d’un meilleur vivre ensemble.

  • L’histoire d’un combat collectif

    À Bruxelles, à partir du milieu des années nonante, nous skations uniquement dans deux bowls en béton construit par la Ville aux Brigittines. Un jour, parce que ces bowls ne répondaient plus aux normes de sécurité, la Ville les a enterrés, sans autre projet… Nous étions sans rien ! C’est pour protester contre cette perte qu’est né le collectif Brusk, en 2001. Notre première victoire a été d’obtenir un petit budget pour construire un nouveau petit skatepark en partenariat avec Recyclart. Ce premier skate park ne comportait pas de courbes et on avait besoin de quelque chose de moderne.

    Nous nous sommes alors intéressés à l’espace situé face au home Aux Ursulines. C’était un tout petit parc sans arbre peu fréquenté, il appartenait à l’IBGE. En partenariat avec eux, une étude de faisabilité a été menée afin de creuser le bowl qui existe actuellement. Cela a été un long combat car la SNCB a revendiqué la propriété du terrain, mettant à mal la réalisation du projet. L’IBGE s’est vivement battue à nos côtés pour obtenir gain de cause. L’asbl Skateboarders est née en 2003 pour mener ce combat.

    Aujourd’hui

    Aujourd’hui, le square des Ursulines n’est pas un skatepark à part entière, c’est un square public ouvert à la pratique du skate, du BMX, du roller, etc.

    Nous sommes attachés à cette particularité qui fait de ce square un espace où différents usagers de la ville se rencontrent, où différentes générations et cultures sont amenées à cohabiter et à se mélanger. Ainsi nous sommes très attentifs à maintenir cette coexistence harmonieuse au sein du square : l’enjeu pour nous est de permettre une appropriation positive de l’espace.

    Dès le début, nous avons développé des rencontres avec la maison de repos Aux Ursulines et les jeunes du quartier.